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Appel à la grève contre le projet gouvernemental de réforme des retraites

Communiqués de presse, publié le 6 octobre 2010, mis à jour le 10 octobre 2010

Depuis maintenant plus de trois mois, la mobilisation sociale contre le projet de réforme des retraites ne cesse de croître : les 24 juin, 7 et 23 septembre et enfin 2 octobre, des millions de grévistes et de manifestants ont exprimé un rejet massif du projet de loi que le gouvernement s’entête à vouloir faire voter, en refusant obstinément d’ouvrir des négociations avec les syndicats et de respecter le temps et les modalités du débat démocratique au Parlement.

Comment ne pas considérer comme une provocation indigne des enjeux véritables sur les retraites la manière dont le gouvernement tente de disqualifier la mobilisation en se livrant à chaque fois à des commentaires méprisants sur le nombre de manifestants ?

Alors qu’une étude de l’INSEE rendue publique fin septembre fait apparaître que 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, soit 13 % de la population, le projet de réforme des retraites, s’il était adopté, ne ferait qu’aggraver la précarité économique et sociale.

En effet, ce projet ne garantit nullement des niveaux de pensions permettant de vivre dignement.

En faisant reculer l’âge de la retraite à 62 ans et la possibilité d’une retraite à taux plein à 67 ans, il pénalise les salariés dont les carrières ont été interrompues, en particulier les femmes.

Les salariés d’une cinquantaine d’années, déjà souvent exclus de fait du marché du travail, devront survivre des années avec des minima sociaux avant de pouvoir toucher leur retraite.

Alors que l’écart entre les revenus les plus bas et les revenus les plus hauts ne cesse de se creuser, le projet fait peser le financement du système de retraites sur le travail salarié, en ne touchant qu’à la marge les revenus du capital.

Enfin, la pénibilité de certains emplois fait l’objet d’un véritable déni, le projet de loi exigeant un certain taux d’incapacité, c’est-à-dire une réelle invalidité, pour accorder à ceux qui ont occupé ces emplois un départ anticipé à la retraite.

Le Syndicat de la magistrature, solidaire de ce mouvement social, dénonce en outre le sort réservé aux fonctionnaires du ministère de la justice, déjà durement touchés par la dégradation de leurs conditions de travail dans un contexte de démantèlement du service public et qui vont être pénalisés par la hausse des cotisations.

Il s’oppose au projet de loi organique reportant l’âge limite de départ à la retraite des magistrats à 67 ans qui risque de scléroser la magistrature en restreignant la mobilité et le renouvellement générationnel.

Il appelle en conséquence tous les magistrats à se déclarer en grève le 12 octobre, à renvoyer toutes les affaires ne présentant pas de caractère d’urgence au regard des libertés et à se joindre aux actions et manifestations collectives de cette journée.

Syndicat de la magistrature - 12-14, rue Charles Fourier, 75013 Paris
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