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Autrefois, on nommait son cheval

Réaction à la proposition de nomination du directeur du cabinet du garde des Sceaux comme procureur de Paris

Communiqués de presse, publié le 15 octobre 2011, mis à jour le 17 octobre 2011

Le garde des Sceaux a annoncé vendredi soir, à une heure tardive permettant opportunément d’éviter toute réaction médiatique immédiate, qu’il saisissait le Conseil supérieur de la magistrature afin que celui-ci donne son avis sur la nomination de son propre directeur de cabinet, François Molins, au poste de procureur de la République de Paris.

Les qualités de l’homme ne sont pas en cause. Ce qui l’est, en revanche, c’est sa proximité avec le pouvoir exécutif, objectivée par les fonctions de numéro un du cabinet du ministre de la justice.

Le fait que ce pouvoir, quelques semaines après avoir annoncé son intention de nommer une de ses proches à Bordeaux où sont instruites les affaires dites « Bettencourt », récidive désormais en préemptant le poste de procureur de la République de Paris, sonne comme un signal très inquiétant de verrouillage, au moment où éclosent plusieurs affaires susceptibles de mettre en cause des personnalités très proches de la présidence de la République.

On objectera avec raison que cette situation a connu au moins un précédent, avec la nomination de Laurent Le Mesle comme procureur général de Paris après qu’il eut occupé successivement les postes de conseiller du président de la République et de directeur de cabinet du garde des Sceaux.

C’est précisément avec cette fâcheuse habitude, consistant à ignorer les exigences minimales de l’impartialité objective pour le poste le plus sensible de la magistrature, qu’il convenait de rompre.

C’était, en tous cas, une des promesses de la « République irréprochable » : nous sommes au regret de constater que celle-ci, comme les autres d’ailleurs, n’a pas été tenue.

Devant la grande légèreté d’un garde des Sceaux qui prend le risque d’abîmer un peu plus l’image de nos institutions, le Syndicat de la magistrature espère vivement que le Conseil supérieur de la magistrature aura à cœur de jouer pleinement son rôle de gardien vigilant de l’indépendance de l’autorité judiciaire.

Ci-joint : un article du journal Le Monde consacré à ce projet de nomination.

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