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Communiqué interassociatif - L’Etat français s’apprête à expulser des Afghans par charter

Communiqués de presse, publié le 20 octobre 2009, mis à jour le 20 octobre 2009

Un « charter » franco-britannique à destination de Kaboul est
prévu pour aujourd’hui. Suite à la « fermeture » de la « jungle
 » de Calais, un « vol conjoint » pour l’Afghanistan était déjà
d’actualité le 6 octobre. La mobilisation interassociative, les
décisions de suspension d’expulsion de la Cour européenne des droits
de l’Homme (CEDH) avaient fait reculer Paris.
La libération des 140 Afghans placés en rétention dans les jours
qui ont suivi la « fermeture » de la « jungle » de Calais, leurs
demandes d’asile en cours, n’ont pas empêché les autorités
françaises de continuer à arrêter et à placer des ressortissants
afghans dans plusieurs centres de rétention administrative (CRA). A
ce jour, une cinquantaine d’Afghans sont dans les CRA de Palaiseau
(91), de Coquelles (66), du Mesnil-Amelot (77), de Nice (06), de
Lille (59) et de Paris-Vincennes (75).
La situation n’a pas changé : l’Afghanistan est un pays en guerre.
Il est inacceptable d’y renvoyer ceux qui s’en sont enfuis à la
recherche d’une protection en Europe. Les « charters conjoints »,
qui sont contraires au principe d’interdiction des expulsions
collectives, conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires
et inhumaines, au mépris des droits fondamentaux des personnes.
Nous appelons instamment les autorités françaises et britanniques à
renoncer à tout projet d’expulsion vers l’Afghanistan et
insistons sur la nécessaire mobilisation de tous pour empêcher cette
expulsion collective qui mettrait sérieusement en danger la vie de
ces exilés.
Nous réaffirmons qu’il est urgent de rendre son sens au droit
d’asile en Europe en prévoyant un mécanisme permettant à tout
réfugié de solliciter une protection dans le pays de son choix. Dans
l’attente, la France peut, et doit, suspendre l’application du
règlement de Dublin afin d’accueillir sur son sol les personnes qui
continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe.

38 Organisations signataires :
ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture),
ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), AFRANE
(Amitié franco-afghane), ANAFE (Association nationale d’assistance
aux frontières des étrangers), APSR (Association d’Accueil aux
médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France), Association
Primo Levi, Auberge des migrants (Calais), CAAR (Comité d’aide aux
réfugiés – Bois-Colombes), Calais Migrant Solidarity, C’SUR
(Calais), La Cimade, Collectif Migrants (Dunkerque), Collectif
Solidarité Migrants (Angres), Collectif de soutien des exilés
(Paris), COMEDE (Comité médical d’aide aux exilés), ELENA
(European Legal Network on Asylum), Emmaüs-France, Enfants du monde-
Droits de l’Homme (EMDH), Fédération de l’Entraide Protestante,
Flandre Terre Solidaire, Fraternité-Migrants Bassin minier 62
(Angres), GAS (Groupe Accueil et Solidarité), GISTI (Groupe
d’information et de soutien des immigrés), Itinérance (Cherbourg),
LDH (Ligue des droits de l’homme), MRAP (Mouvement contre la racisme
et pour l’amitié entre les peuples), PCF (Parti communiste
français), Parti de Gauche (PG), RESF (Réseau Education sans
frontières), Réseau Chrétien Immigré (RCI), SAF (Syndicat des
avocats de France), SALAM (Calais), SALAM (Dunkerque), Secours
catholique, Sud-Education, Syndicat de la magistrature (SM), Terre
d’errance (Norrent-Fontes), Terre d’Errance (Steenvoorde)

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