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Alors que certains entretiennent des polémiques à l’occasion de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, le SM entend remettre certaines réalités au coeur de l’actualité

Et pendant ce temps-là…

Communiqué de presse du Syndicat de la magistrature en réaction au démantèlement du camp de migrants de Calais et autres formes de brutalité de l’institution

Communiqués de presse, publié le 2 juillet 2014, mis à jour le 2 juillet 2014

Ils sont nombreux à diffuser compulsivement des images de voitures aux vitres fumées s’engouffrant dans des parkings, à bâtir des contes médiatiques de grands complots et de petites vengeances, à gesticuler et à s’indigner d’une prétendue violence et brutalité judiciaire, bien évidemment orchestrée…

Et pendant ce temps-là, à Calais, des dizaines de CRS, munis de bombes lacrymogènes et de tout l’arsenal militariste détruisent le seul toit et les quelques attaches de ces migrants fuyant la misère et la violence, pour mieux les mettre à la rue ou les expulser massivement. Et ailleurs, en région parisienne, on rase, on détruit des bidonvilles, où se réfugient des familles entières, citoyens européens et d’ailleurs, qui tentent de faire valoir leurs droits, à une vie familiale normale, à un logement décent, à la scolarisation des enfants, à un accès à la santé face à des autorités qui ne cherchent qu’à déplacer ce qu’ils ne voient que comme un « problème ». Ces autorités qui saisissent la justice pour « soulager » le riverain, cet objet politique qui autorise toutes les outrances et le reniement de toute valeur d’accueil et de solidarité…

Qu’ont-ils fait ces migrants ? Ils cherchent asile et, dans leur parcours, n’aspirent qu’à vivre, simplement à trouver où dormir et où manger.

Et pendant ce temps-là, chaque jour en région parisienne (et ailleurs), des quidams passent non pas 15 heures mais bien plus, 24, 48 heures ou plus en garde à vue. Et poursuivent leur « nuit » dans les dépôts : ces prisons souterraines des tribunaux où ceux-là - précaires, étrangers, banlieusards – croupissent pendant encore 20 heures dans l’attente de leur comparution devant un juge. Et parfois encore plus, quand les principes cèdent sous la pression productiviste et que les juridictions contournent ces délais en les interrompant artificiellement par quelques mots de présentation, avant de renvoyer les personnes dans leurs geôles pour encore quelques heures.

Qu’ont-ils fait ? Des ventes à la sauvette, des usages de stupéfiants, des vols et recels de montant dérisoire… Autant d’infractions mineures que quinze années d’obsession sécuritaire ont rendu responsables de tous les maux. Autant d’infractions mineures qui remplissent nos prisons insalubres.

Où est donc la brutalité de l’institution ?

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