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François Baroin à bonne école

Communiqués de presse, publié le 8 février 2011, mis à jour le 16 février 2011

Au lendemain des déclarations du Premier Ministre, le porte-parole du gouvernement a choisi tout à l’heure de faire dans la surenchère stérile. A l’entendre, le mouvement de protestation du monde judiciaire serait « orchestré par des syndicats qui sont en opposition avec l’action du gouvernement », les magistrats s’appuieraient sur « ce qui n’est qu’un fait divers pour eux », « un élément statistique sur des dossiers de magistrats », « mais pour nous un drame épouvantable », les juges seraient « une des corporations qui a le plus de mal à assumer sa part de responsabilité ».

Pour ce si docile porte-parole, « c’est le président de la République qui reçoit la douleur des familles, qui reçoit ce cri. C’est une douleur pour lui ».

Le Syndicat de la magistrature est navré de constater que François Baroin sacrifie lui aussi à la rhétorique la plus grossière.

A t-il seulement conscience que les magistrats rencontrent tous les jours, dans leurs cabinets et les salles d’audience, « la douleur des familles », de TOUTES les familles et pas seulement celle de certaines d’entre elles, méthodiquement sélectionnées par les conseillers en communication de l’Elysée ? A t-il seulement compris que la protestation des magistrats de Nantes, puis de tous les tribunaux français s’est exprimée de façon totalement spontanée, sans que les syndicats n’en soient à aucun moment les initiateurs ? A t-il la moindre connaissance de l’institution judiciaire lorsqu’il ose affirmer que la justice n’est pas concernée par la Révision Générale des Politiques Publiques ?

A t-il écouté une seule seconde le discours du Syndicat de la magistrature, qui ne cesse de répéter qu’il est normal de diligenter des missions d’inspection, mais qu’il est scandaleux de ne pas appliquer, dans l’attente des conclusions des enquêtes, la présomption d’innocence aux magistrats, surtout lorsqu’on est président de la République ou garde des Sceaux ?

Il est tragique qu’un gouvernement prenne ainsi en otage la souffrance des familles de victimes pour de triviales raisons électoralistes.

Au poste qui est le sien, François Baroin devrait comprendre que le souci de faire diversion des scandales touristico-aéronautiques ne saurait justifier que les institutions soient prises pour cible d’une vindicte populiste par les plus hauts représentants du pouvoir exécutif.

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