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17 oct 2008

paris, le 17 octobre 2008

Journée d’études sur le thème "Dangerosités à déchiffrer : pour quels traitements ?"Samedi 8 novembre 2008 à Bourg-la-Reine

 

DANGEROSITES A DECHIFFRER : POUR QUELS TRAITEMENTS ?

La dangerosité, si souvent invoquée dans les débats concernant la délinquance, donne toute facilité quand il s’agit de caractériser des individus criminels très déterminés ou quand on abonde dans le sens d’une opinion publique gagnée par l’insécurité. Mais elle se révèle d’un usage beaucoup plus difficile pour traiter en profondeur des questions pénales qui engagent les juristes, les criminologues et les cliniciens. Pour tous les praticiens, confrontés directement à ces questions, la mise en avant de la dangerosité fait problème :

Parce que c’est une notion floue. On dit la dangerosité alors qu’il est de multiples formes de violences à ne pas confondre.
Parce que son origine épistémologique est marquante : elle procède d’un point de vue probabiliste de gestionnaire, à mille lieues du cas par cas.
Parce qu’elle favorise la stigmatisation des criminels à partir de leurs actes au détriment de ce qui relève de la dialectique subjective.
Parce qu’elle associe risque et précaution en accréditant l’idée qu’il y aurait un principe permettant de formuler des prédictions non hasardeuses.
Parce qu’elle réclame une évaluation de ces risques au moyen « d’outils » qui se révèlent toujours insuffisants.
Parce que modelée sur une approche scientiste, elle amène à demander aux cliniciens des résultats quantifiables et les transforme en servants de techniques objectivantes.
Parce qu’elle fortifie les réflexes sécuritaires qui poussent non seulement à « punir pour rétribuer » mais encore à « punir pour prévenir ». Elle encourage tous ceux qui se sentent obscurément menacés à se constituer en agents de la répression.

L’usage immodéré de cette notion de dangerosité conduit à valoriser de manière unilatérale la position des victimes, au point qu’on se demande parfois si on juge au nom du peuple ou au nom des victimes.

La priorité donnée à la dangerosité sert aussi à reléguer la pathologie mentale des criminels, si bien qu’on compte de très nombreux psychotiques incarcérés. La prison sera-t-elle l’asile du XXIème siècle ?
La désignation des fautifs au moyen de « profils » : le pervers narcissique, le serial killer, le dealer, le pédophile n’est-elle pas une manière de cautionner le rejet et d’exclure toute prise en compte des sujets ?
Le système des peines plancher, ne vient-il pas, en limitant la marge d’interprétation de la loi par les juges, pousser à une répression aveugle ?
La volonté de punir, quand elle prend le pas sur l’effort de réintégration, ne peut-elle pas favoriser la revendication par le délinquant de l’identité négative qu’on lui attribue plutôt que le désir de s’amender ?
La promulgation accélérée de nouvelles lois pour faire face aux comportements dangereux n’entraîne-t-elle pas des difficultés nouvelles pour concilier efficacité et éthique ? N’a-t-elle pas pour effet d’infléchir la philosophie du droit dans une direction politique qui engage le régime des libertés fondamentales ?

Ces questions et bien d’autres nourrissent les réflexions des juges, avocats, cliniciens, intervenants judiciaires et pénitentiaires, psychanalystes et sociologues qui travaillent dans un champ de plus en plus influencé par « la culture de contrôle ». En confrontant les points de vue au cours d’une journée d’études, l’ACF-Ile de France veut contribuer à situer les enjeux et les perspectives, en partant de l’idée que les praticiens orientés par la psychanalyse ont une place à tenir dans ce débat.

Association de la Cause Freudienne en Ile-de-France

Journée d’études

Samedi 8 Novembre 2008

DANGEROSITES A DECHIFFRER : POUR QUELS TRAITEMENTS ?

Bourg-La-Reine

Salle Les Colonnes
51, Boulevard du Maréchal Joffre

à 5 minutes de la station RER (ligne B)

Parking du centre ville : 66, Bd du Maréchal Joffre
Face à la salle Les Colonnes

De 9h à 13h et de 14h30 à 18h

Entrée libre
Participation aux frais d’organisation : 20 € (10 € pour les étudiants)
Inscription sur place

Renseignements : bernardjothy@hotmail.fr , tel : 01 42 77 01 99
ACF-IdF, 100 rue Amelot, 75011 Paris

Dangerosités à déchiffrer : pour quels traitements ?

9 h 30 : Allocution d’ouverture de
Monsieur le Maire de Bourg-la-Reine, Jean-Noël
Chevreau

Introduction : Bernard Jothy, délégué régional de l’ACF-IdF

Première table : L’évolution des conceptions
10 h à 11 h 30
Présidente : Nathalie Thèves
Intervenants :
Serge Portelli, magistrat, vice-président au Tribunal
de Grande Instance de Paris
Jean-Michel Quillardet, avocat au barreau de Paris,
ancien Grand Maître du Grand Orient de France
François Sauvagnat, professeur des Universités,
psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne ( ECF )
Alain Vaissermann, psychiatre, chef de service à l’EPS
Paul Guiraud, psychanalyste, membre de l’ECF

Deuxième table : Les réponses actuelles
11 h 30 à 13 h
Président : Jean-Daniel Matet
Intervenants :
Claude-Olivier Doron, philosophe, anthropologue de
la santé, Université Denis Diderot, Paris 7, REHSEIS
Fabien Grasser, psychiatre, psychanalyste, membre
de l’ECF, directeur du CPCT de Paris
Dario Moralès, psychologue, psychanalyste, membre
de l’ECF
Catherine Patoux-Guerber, magistrat, vice-président
au Tribunal de Grande Instance d’Evry

Troisième table : La variété des pratiques en prison
14 h 30 à 16 h
Présidente : Marie-Hélène Doguet-Dziomba
Intervenants :
Fernanda Otoni de Barros, psychologue, psychanalyste, membre
de l’Ecole Brésilienne de Psychanalyse
René Raggenbass, médecin-chef du service de
psychiatrie forensique du canton du Valais, psychanalyste,
membre de la New Lacanian School
José Rambeau, psychologue, psychanalyste,
membre de l’ECF
Bruno Tournade, psychologue, expert auprès des
tribunaux, membre de l’ACF-Aquitania

Quatrième table : Des jeunes dits dangereux
16 h à 17 h 30
Président : Patrick Chessel
Intervenants :
Ariane Chottin, psychologue, intervenante en
réinsertion, membre de l’Envers de Paris et du CIEN
François Hébert, formateur auprès de travailleurs
sociaux, IRTS
M …, juge des enfants
Nadia Zaguée-Amorim, psychologue, Centre d’action
éducative d’Arcueil

17 heures 30 : Conclusion

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