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« L’appartenance syndicale d’un juge n’a pas d’importance, c’est l’impartialité qui compte » (SM)

Dépêche AFP / Paris (France) - 02 juillet 2014 13:17

Communiqués de presse, publié le 2 juillet 2014, mis à jour le 2 juillet 2014

L’appartenance d’un magistrat à un syndicat ne doit pas entrer dans le débat public, a estimé mercredi le Syndicat de la magistrature (SM) en réaction aux critiques émises, à droite, sur l’appartenance à cette organisation classée à gauche d’une des juges qui ont mis en examen Nicolas Sarkozy.

« La question n’est pas celle de l’appartenance à un syndicat », a déclaré à l’AFP le secrétaire général du SM, Eric Bocciarelli. « La question, c’est celle de l’impartialité dans l’exercice juridictionnel et dans la conduite de l’instruction », selon le magistrat, qui dénonce des « attaques infondées ».

L’une des deux juges qui instruisent le dossier qui a mené dans la nuit de mardi à mercredi à la mise en examen de l’ancien chef de l’Etat pour trafic d’influence et corruption actifs et recel de violation du secret professionnel, Claire Thépaut, est critiquée par des personnalités de droite pour ses liens avec ce syndicat.

« A chaque fois qu’une personnalité publique est mise en cause, on a une réaction disproportionnée contre les juges et contre la justice », a déploré Eric Bocciarelli, jugeant le phénomène « inquiétant ».

« Le plus simple, le plus facile c’est de s’en prendre aux juges », a-t-il dénoncé.
Selon lui, « on ne peut qu’appeler l’ensemble de la classe politique à la modération et à laisser la justice travailler en toute sérénité ».

« Un juge d’instruction, son travail, c’est, dans une affaire, de rechercher la manifestation de la vérité. Il n’y a rien de personnel là-dedans », a-t-il assuré, rappelant que le juge d’instruction ne s’autosaisissait jamais, seul le parquet et les parties civiles ayant le pouvoir de le saisir. « Il ne fait pas ce qu’il veut. Il n’est pas dans une démarche personnelle. Son action est encadrée », les mis en cause pouvant notamment faire appel de décisions du juge d’instruction devant la chambre de l’instruction.

« Il y a la présomption d’innocence, la possibilité d’exercer des voies de recours », a martelé M. Bocciarelli, qui rappelle également le principe de l’égalité des justiciables devant la loi : « il n’y a pas de différence entre un justiciable ordinaire et une personnalité du monde économique ou politique ».

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