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« La France nʼest pas assez riche dʼenfants pour quʼelle ait le droit de négliger tout ce qui peut... » rendre à la justice des mineurs sa force et son identité !

Lettre ouverte adressée au Président de la République par le SNPES PJJ, la CGT PJJ, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature représentants des professionnels de l’enfance

publié le 12 février 2015, mis à jour le 12 février 2015

Monsieur le Président de la République,

« La France nʼest pas assez riche dʼenfants pour quʼelle ait le droit de négliger tout ce qui peut... » rendre à la justice des mineurs sa force et son identité ! Nous faisons nôtre, en lʼactualisant, cette affirmation politique forte, née le 2 février 1945 de lʼesprit du Conseil national de la Résistance, qui a nourri la conception fondatrice du droit pénal des mineurs.

Le 2 février 2015, le ministère de la justice célébrait le 70ème anniversaire de lʼordonnance de 1945. Nous attendions que soit enfin annoncée une réforme de la justice des mineurs. Il nʼen a rien été.

Ce silence nourrit notre amertume, tant il est urgent de réaffirmer la spécialisation de la justice des mineurs, de repenser la temporalité pénale au plus près du rythme de lʼenfant et de redonner la priorité à lʼéducation sur la répression et lʼenfermement.

Sʼil devait signer lʼabandon pur et simple dʼun tel projet, ce silence renforcerait alors la colère des professionnels de lʼenfance, qui font le constat quotidien des dégâts causés par le dévoiement de la justice pénale des mineurs, dont lʼesprit et la lettre ont été corrompus par de trop nombreuses réformes sécuritaires. Au point quʼaujourdʼhui, les enfants demeurent soumis à une justice calquée sur celle des majeurs, obsédée par la systématicité, la rapidité et lʼenfermement et perdant de vue le primat de lʼéducatif.

Lʼinaction politique est intolérable et lʼattente que nous subissons depuis maintenant près de trois ans souligne la méconnaissance de votre engagement de candidat de faire de la jeunesse une « priorité ».

Nous ne pouvons accepter, Monsieur le Président de la République, que des considérations de contexte politique soient invoquées pour justifier de tels reniements.
Aujourdʼhui comme hier, et peut être plus quʼhier, la jeunesse doit être notre priorité, notre urgence commune. Cʼest pourquoi, nous, représentants des professionnels de lʼenfance, exigeons que soit présentée dès cette année une réforme progressiste et ambitieuse de la justice des mineurs.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre haute considération.

Maria INES, Secrétaire générale du SNPES PJJ FSU
Alain DRU, Secrétaire général de la CGT PJJ
Françoise MARTRES, Présidente du Syndicat de la magistrature
Florian BORG, Président du Syndicat des avocats de France

Syndicat de la magistrature - 12-14, rue Charles Fourier, 75013 Paris
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