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« Laissons la justice travailler »

Communiqués de presse, publié le 23 septembre 2011, mis à jour le 27 septembre 2011

Répétée en chœur par les membres les plus éminents d’un pouvoir exécutif cerné par les affaires, la formule vient de révéler sa charge d’hypocrisie et de démagogie.

En téléphonant, le 14 septembre 2011, à Thierry Gaubert, suspect dans l’enquête instruite par le juge Renaud Van Ruymbeke, et en lui donnant des informations importantes, Brice Hortefeux a démontré que le seul souci de ce pouvoir-là était au contraire d’entraver, autant qu’il le peut, le travail de la Justice.

Ces faits, divulgués ce matin par le journal Le Monde, s’ils sont avérés, sont d’une gravité inouïe : quelques jours avant sa garde à vue, une personne soupçonnée a été informée des éléments qui pesaient contre elle par un ancien ministre de l’Intérieur.

Ils témoignent surtout la commission d’infractions pénales. Il doit être noté que, d’après les journalistes, le procès-verbal d’audition d’Hélène de Yougoslavie n’était pas coté au dossier au moment de l’appel téléphonique de Brice Hortefeux : les informations n’ont donc pas pu être données par une partie au dossier. Il n’est, en revanche, pas inutile de rappeler – et de déplorer – que, dans les affaires sensibles, les policiers rendent compte en temps réel au ministère de l’Intérieur de l’évolution de leurs investigations.

Le Syndicat de la magistrature demande donc solennellement au parquet de Paris – qui, comme chacun sait, a fait la preuve depuis que Jean-Claude Marin est à sa tête, de sa parfaite indépendance à l’égard du pouvoir – de saisir immédiatement un juge d’instruction de ces faits délictueux extrêmement préoccupants quant à l’état de la démocratie française. D’une façon plus générale, cette affaire illustre l’impérieuse nécessité de mettre les enquêtes pénales à l’abri des pressions politiques en garantissant l’indépendance des procureurs et en rattachant la police judiciaire à la justice.

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