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Mort d’un militant : urgence de la vérité, urgence de la réflexion

Communiqué de presse du Syndicat de la magistrature après la mort d’un militant sur le site du barrage de Sivens

Communiqués de presse, publié le 30 octobre 2014, mis à jour le 25 novembre 2014

Insupportable drame que la mort d’un jeune militant. Au plus haut niveau de l’Etat, on s’est empressé d’affirmer qu’il n’y avait pas « de bavure », d’exprimer son soutien aux forces de l’ordre pour faire taire les voix dissonantes qui demandaient des comptes.
Une demande bien légitime face à un évènement d’une telle dureté, sans précédent récent en France, même si le souvenir du sommet du G8 à Gênes est vivace et devrait résonner aux oreilles d’un ministre de l’intérieur un peu trop prompt à clore le débat.
Certes, l’usage des grenades explosives a été suspendu, c’était bien la moindre des choses. Et enfin, une information judiciaire à été ouverte pour faire le clair sur les responsabilités à l’origine du décès. Une instruction dont on ne peut que souhaiter qu’elle ne lanterne pas comme celle récemment clôturée à Bobigny par le renvoi de plusieurs policiers pour des tirs de flash Ball ayant blessé, éborgné même des jeunes militants d’un centre social. Il a fallu là-bas que le collectif du 8 juillet 2009 fasse tribunes et mobilisations devant le tribunal pour que le procureur se décide à prendre ses réquisitions dans un dossier qui a dormi pendant deux ans dans ses placards.
Il y a déjà eu des alertes sur l’usage des armes dans ce qu’on nomme pudiquement le « maintien de l’ordre ». Mais cette année, le choix du gouvernement s’est au contraire porté sur l’extension, par décret, de la liste des armes dont peuvent être dotés des agents de sécurité privée.
Et tandis que les cars de CRS continuaient à être envoyés en masse sur les lieux de la contestation sociale, à Nantes et ailleurs, tandis que la répression du mouvement social se disséminait - comme à Amiens où des militants ont été condamnés pour des actions purement symboliques - il n’y a pas eu un élan, pas même l’ouverture d’une réflexion, pour repenser tout l’arsenal militaire dont on dote aujourd’hui policiers et gendarmes.
L’urgence est à la vérité, c’est le rôle de la justice. L’urgence est à la rupture avec l’armement toujours plus dense des forces de l’ordre. L’urgence, c’est de repenser le rapport purement policier à la contestation sociale !

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