Didier Tallineau, atteint d’un cancer de la plèvre, est mort hier en prison.
Libéré le 8 décembre 2004 en vertu d’une décision de suspension de peine, il avait été réincarcéré après les interventions directes de deux gardes des Sceaux successifs, Dominique Perben et Pascal Clément.
L’application de la mesure de suspension de peine pour raison médicale, qui permet la suspension de la peine de tout détenu dont le pronostic vital est engagé ou dont l’état est incompatible avec la détention aurait permis qu’il ne meurt pas en prison.
Les pressions politiques exercées dans ce dossier à plusieurs reprises ont cependant empêché l’application de la loi du 4 mars 2002.
Après deux réformes restreignant le régime de la suspension de peine (loi Perben II et loi sur le traitement de la récidive) cette affaire est emblématique de l’absence de volonté politique de donner toute sa portée à cette mesure afin que soit assurée la dignité des personnes détenues gravement malades.

La lettre ouverte
N° 21 - déc. 2011 / fév. 2012