José Bové, porte-parole de la Confédération paysanne, incarcéré depuis le 19 juin 2002 pour des faits commis dans le cadre de son activité syndicale, a formé une demande de libération conditionnelle.
Le procureur de la République de Montpellier s’est opposé à cette libération et a fait connaître publiquement qu’il ferait appel de la décision s’il était fait droit à la demande du leader syndical.
Cette prise de position publique d’un magistrat du parquet sur une affaire en délibéré constitue une tentative de pression inadmissible sur le juge saisi de la requête.
Le syndicat de la magistrature s’indigne qu’un procureur puisse ainsi menacer d’un recours un juge du siège et tenter de porter atteinte à son indépendance.
Il s’étonne que ce procureur s’exprime publiquement sur une affaire qui selon la loi ne peut être débattue qu’à huis-clos, et ait déjà forgé son opinion sur une décision dont il ne connaît pas encore ni la teneur ni la motivation.
Le SM dénonce enfin le véritable acharnement du procureur de Montpellier qui parait plus animé par la volonté de terroriser les opposants aux OGM et à l’ordre commercial international, que par le devoir d’individualiser les peines.

N° 21 - déc. 2011 / fév. 2012